Co-écrit avec Patrick Roux

Au sein de notre communauté du Phare Rose, on se donne collectivement la responsabilité de participer à des évènements ou de publier des articles. On s’encourage mutuellement à partager et écrire nos réflexions. A coucher sur papier numérique nos expériences et nos pratiques. Avec le temps, on en vient à simplifier à chacun ce difficile exercice.

La page blanche: mettre en forme ses idées !

Mais je sais pas comment mettre en forme mes réflexions et mes idées, moi

Seulement parfois, c’est la page blanche! Vous savez que vous avez quelque chose à raconter, vous l’avez sur le bout de la langue (ou du clavier) mais vous n’y arrivez pas. Que faire? Comment mettre en forme ses réflexions et ses idées? De l’écriture en pair, pardi!

Lorsque vous voulez vous lancer dans une proposition de conférence, d’atelier ou d’article, le moment le plus critique est peut-être le passage de la page blanche au pitch : deux ou trois paragraphes expliquant ce dont on va parler. Nous avons imaginé une mécanique d’écriture à quatre mains, qui a été utilisée de nombreuses fois sur notre blog, notamment pour l’écriture de certains articles du journal de bord.

Déroulé d’une session d’écriture en pair

Vous êtes Cobalt. Sans avoir une idée précise de quoi, vous savez que vous avez “un truc” à dire. Vous sautez le pas en demandant un coup de main à la communauté, et Céleste répond à l’appel.

Prévoyez un premier appel ou discussion de 30/60 min avec votre collègue dévouée pour discuter autour d’un document partagé. Pendant cet échange, Céleste va vous questionner sur vos pratiques, votre contexte, vos idées… tout en prenant des notes. 

Céleste, c’est maintenant à vous. Vous ne voulez pas écrire à la place de Cobalt mais vous voulez l’aider. Pendant cet échange, faites parler Cobalt et notez ce qu’il vous dit. Invitez le à explorer ses idées, en utilisant des termes plutôt que les vôtres. Demandez-lui par exemple d’où lui vient cette idée? A quoi cela le fait penser? Quel pourrait être chaque message ?

Et lmà je me suis dit qu'en fait, quand je fais de la facilitation, le truc c'est que...

Céleste, mettez les idées de Cobalt en valeur. Il est important que ce soient bien ses idées qui transparaissent dans le résultat final. Creusez ensemble la spécificité de son approche. Ne vous appropriez pas son raisonnement, proposez-lui des tournures plutôt que des idées. Parfois une idée vous viendra. Proposez-la, mais laissez la possibilité à Cobalt de la mettre de côté. Qui sait, peut-être ne colle-t-elle pas avec ce qu’il essaie d’extérioriser. 

Mais surtout, échangez régulièrement les rôles: prenez la parole et Cobalt note. A force d’exploration, un élément en particulier va se dessiner en revenant régulièrement: vous tenez votre sujet! 

Affiner les réflexions

Les notes prises vont servir de base à un second round d’exploration. Céleste continue à laisser la place à Cobalt pour qu’il puisse proposer une remise en ordre, un tri: Une mise en forme de ses réflexions et de ses idées.

C’est le moment où des morceaux d’idées disparates et sans rapport apparent vont trouver des liens entre eux. Vous pourrez en composer des paragraphes dont vous affinez le contenu et les liaisons entre eux. Pensez à épurer, à mettre de côté. Mais ne supprimez pas: dans l’écriture en pair on valorise nos déchets: ils peuvent servir plus tard!

Au bout de 45 minutes, vous aurez deux ou trois paragraphes (peut-être même un article entier). De quoi proposer une conférence à un Call For Paper ou le plan de l’article de blog à rédiger. Ce papier a d’ailleurs été rédigé ainsi.

Merci Céleste, j'ai mon pitch!