Fermez les yeux un instant et imaginez un cercle de feu autour de vous. Continuez à imaginer durant la lecture de cet article que ce cercle de feu reste présent.

Maintenant, afin d’agrémenter votre lecture, lancez l’écoute de cette playlist :

Toussaint 2021. J’ai le privilège d’être invité à donner 3 conférences lors des événements Agile Tour de Toulouse, Bordeaux et Nantes. L’occasion de retrouver les copains, de partager un moment ensemble et en présence.

Agile Tour Toulouse : la grande famille, ça rigole, ça partage, ça se chamaille

Les retrouvailles avec La Grainerie, génial lieu pour créer des sessions que l’on ne peut donner nulle part ailleurs. Une école de cirque, une salle de spectacle unique sur la scène des événements Agile. Les retrouvailles aussi avec les copaings qui débutent dès le jeudi soir avec le diner des organisateurs et orateurs. Moments de vie précieux (big up à l’ami Benjamin et à sa compagne). On me parle de la keynote des amis Perrine Baudimont et Damien Roquel, des cartes cadeaux à destination de professeurs que je découvrirai avec bonheur le lendemain.

Arrivé sur place. Tellement de gens que j’apprécie de retrouver que je ne cite personne par peur d’en oublier un ou une. Comment ne pas citer quand même les camarades ayant œuvré comme moi à l’accompagnement d’Informatique Banque Populaire en présence de Guillaume Patry devenu orateur cette année (bravo à toi !). Et bien sûr, grand plaisir de rencontrer « en vrai » Sébastien, camarade de notre belle entreprise Conserto.

Première keynote : Pablo Pernot. J’ai une grande affection pour Pablo car à son époque Smartview, il m’a énormément apporté en matière d’agilité. Il y avait alors, de mon point de vue, beaucoup de contenus avec une pointe de provocation. Je crains ne percevoir maintenant que la provocation et ne vois plus le contenu caché derrière. Dommage que mes émotions me privent désormais sans doute de précieux messages. Si le but est de déranger, c’est réussi car après la conférence, le public partage ses émotions, parle du style. Mais je n’ai pas réussi à percevoir là encore une discussion sur un quelconque contenu.

Ma recommandation à ce sujet : visionnez cette conférence de Pablo :

Concernant Pablo, j’ai de la nostalgie pour ce type de conférences. Je n’ai probablement pas su grandir et je demande à ma rock star qu’il me joue les mêmes morceaux, j’en ai conscience.

Sans transition, Le Long voyage sur Mars de 3 explorateurs du code avec Guillaume Saint Etienne, Jean Pascal Boignard et Anthony Cassaigne. Gros moment de plaisir pour moi et ma conférence coup de cœur de cette année, tous événements confondus. 3 mecs qui viennent simplement raconter leurs expérimentations, leur façon de continuer d’apprendre en faisant. J’espère que cette conférence sera jouée encore et encore, aussi je ne spoile rien du contenu. Allez les voir, que vous soyez développeur ou pas. Vous y verrez une illustration par l’exemple de la première phrase du Manifeste pour le développement Agile de logiciels : Nous découvrons comment mieux développer des logiciels par la pratique et en aidant les autres à le faire.

Ma recommandation à ce sujet : faîtes comme moi 😊 Suite à ce retour d’expérience, j’ai réouvert mon IDE et je rebidouille du code. Merci.

Puis ma session, retour d’expérience de mon quotidien de coach agile, le comment, jour après jour, j’apprends mon métier. La session devait durer 45 minutes. Les questions qui ont suivies nous ont amené à plus d’une heure de session. Merci au public d’avoir été aussi généreux dans les partages, partages poursuivis d’ailleurs durant le repas.

Seconde keynote : Denis Migot nous parle de souffrance au travail lié à l’agilité. Sujet courageux dans un événement agile qui a toute sa place selon moi. J’ai beaucoup apprécié la première partie, proposant le point de vue extérieur de sociologues et autres professions sur l’entreprise agile et ses revers de la médaille. Je suis moins fan de la seconde partie qui cherche à démontrer les dérives de certaines solutions en particulier. Les discussions d’après keynote dénotent d’une forme de malaise. Deux keynotes qui cherchent à dénoncer des dérives mais qui laissent un peu sur la faim en termes de recommandations. J’en sors avec le sentiment de m’être fait gronder pour des bêtises dont j’ai du mal à porter la responsabilité. J’en sors avec un bizarre message mélangé qui voudrait que des entreprises agile de toutes façons ça n’existe nulle part et en plus ça provoque des dégâts dans les entreprises. Deux keynotes qui semblent exprimer une grande frustration de la part des keynoteurs. Je ne sais pas quoi faire de cette frustration. Deux keynotes en plus à distance, ce qui freine les échanges. Dommage. Il y avait sans doute des choses à partager et je suis passé à côté.

Ma recommandation à ce sujet : découvrir les livres cités en référence dans la première partie de la conférence de Denis.

Je quitte Toulouse tôt après cette keynote afin de pouvoir célébrer le lendemain Dia de los muertos avec ma famille et la communauté mexicaine nantaise.

Cette musique qui résonne dans vos oreilles ? Peut-on dire que c’est cela la musique afro-américaine ? Ou d’après vous, la musique afro américaine, c’est autre chose ?

Agile Tour Bordeaux : toute première fois

Je commence aussi l’événement avec le repas des organisateurs et orateurs. L’occasion de retrouver quelques camarades et de découvrir de nouvelles têtes, Agile tour Bordeaux étant une première pour moi. Moment précieux dans une ambiance brésilienne. Apprécié.

C’est Claude Aubry qui ouvre le bal avec une keynote sur le Prélude. J’aime beaucoup Claude donc cela biaise peut-être ma perception. Il fait partie des rares personnes en France à qui je donne de la légitimité sur la notion de faux agile et c’est un exploit.

Cette musique que vous entendez, est-ce la seule qui représente la musique afro américaine ? Quid de la musique urbaine, plus récente ? Selon qui vous êtes, vous aurez probablement une préférence pour l’un des styles. Et pourtant, selon moi, c’est la même chose, les deux sont de la musique afro américaine.

En agilité, c’est la même chose vue de ma fenêtre. Il n’y a pas de vrai ou de faux Agile. Ce sont de fausses guerres de chapelles. Une forme d’intégrisme, c’est-à-dire un refus d’évoluer. Et pourtant, Claude sait apporter des arguments, sait exposer son point de vue sans chercher à heurter. Je pense que sa recette magique, c’est le fait qu’il fait évoluer son point de vue avec rigueur et discipline. Je le vois ainsi comme un précieux gardien de ce « truc Agile » qui nous invite à évoluer tout en maintenant des racines solides. Je vous renvoie vers ses travaux récents autour de l’agilité radicale.

Ma recommandation à ce sujet : découvrir les ouvrages de Claude, en particulier son dernier : L’art de devenir une équipe agile

C’est à mon tour ensuite pour ma session « Mets-toi ça dans la tête » avec le précieux support de l’équipe bordelaise de Conserto. Exercice toujours en apprentissage pour moi que de faire une conférence en mode hybride. Merci pour les retours en fin de session, en particulier pour ceux qui viennent discuter, c’est toujours très apprécié.

J’enchaine avec la conférence de Thibaut Andrieu sur « Comment (ne pas) refactorer un kernel ». Sujet là aussi plutôt technique, cela me fait plaisir de voir autant de technique dans nos évènements Agile. Le retour d’expérience est riche et je vous invite à découvrir cette session.

Déjeuner, toujours aussi agréable que de pouvoir partager, puis keynote de Mija Rabemananjara. Je n’avais jamais eu l’occasion encore de voir Mija en conférence (ici à distance) et… c’est une belle surprise. Le sujet, Agilité et liberté : le regard de Montessori Extended me parle et c’est surtout la posture de Mija qui me rappelle au combien la posture de l’accompagnant dans le changement est plus important même que ses croyances, sa chapelle, ses idées. J’aurais envie d’être accompagné par Mija et c’est une condition initiale si importante.

Ma recommandation à ce sujet : pour laisser ouvert ce pont entre agilité et enseignement, je vous recommande le livre de Manuella Chaînot Bataille « Le sketchnoting à l’école primaire ».

C’est au tour ensuite de Nicolas Ploquin. Il nous demande « Et si nos managers étaient indispensables ? ». Nicolas partage, par exemple, quelques pratiques de management qui nous viennent des modèles managériaux de Toyota. Un classique qu’il est utile de rappeler.

Ma recommandation à ce sujet : « The machine that changed the world » de Womack, Jones et Roos.

La journée se termine avec une nouvelle session à distance avec Alice Baralon que je vois pour la première fois en conférence. Générosité est le mot qui me vient en tête lorsque je me remémore ce moment. Le sujet « l’inclusion dans les équipes agiles, focus sur les personnes neuro-atypiques » est totalement inédit pour moi dans un événement agile. Précieuse ouverture de brèche. Merci Alice d’avoir ouvert cette porte.

Ma recommandation à ce sujet : écoutez le podcast moodstep de la brillante Joanna avec Liliya Reshetnyak sur la neurodiversité : https://soundcloud.com/user-168118903/liliya-reshetnyak

Agile Tour Nantes : comme à la maison

Agile Tour Nantes, même si j’habite en Vendée et suis organisateur d’Agile Vendée, c’est quand même un peu la maison. Il y a pleins de copains et copines et donc je passe beaucoup de temps à discuter, prendre des nouvelles, partager, apprendre. Plaisir là encore de retrouver la communauté agile de Conserto (Gilles, Aurélie, Sylvain, Julien)

Le matin est centré autour de ma session « Mets-toi ça dans la tête », session de deux heures dans un grand amphithéâtre. Des gens sont quand même venus et sont même restés 😊. A nouveau beaucoup d’échanges en fin de session, marquée de mon côté par un certain manque d’énergie (liés aux déplacements durant ces vacances). Un grand plaisir et privilège d’avoir pu expérimenter ce format peu courant de 2 heures en amphi. Merci les organisateurs pour l’opportunité.

Ensuite, c’est déjeuner puis interview vidéo par des étudiants pour parler de mon sujet. Ne me reste de la journée que le créneau de 14h30 pour voir la session de Luck Gentil-Piron et Sébastien Gougeon qui traite de l’un des sujets du moment : les OKR ! Les OKR, pourtant pas un concept récent, on les voit partout en ce moment. Depuis les travaux de Claude Aubry jusqu’au rachat récent par Microsoft de Ally.io.

Patrick Roux, notre monsieur OKR au sein du Phare Rose de Conserto nous recommande Re:work de Google, précurseur en la matière, ou encore le livre « Measure what matters » de John Doerr

Dernière discussion avant de partir avec le camarade Kervin Kueny, organisateur de l’événement. A travers lui, je remercie tous les organisateurs dans l’ombre qui nous permettent de vivre ces moments tellement appréciés et si important pour notre chère agilité.

Pour conclure

Vous pouvez maintenant vous recentrer sur ce cercle de feu qui vous entoure, métaphore de l’esclavagisme. Allons-nous, agilistes rester parfois esclaves de nos points de vue et continuer à nous plaindre que les entreprises (et le monde !) ne sont pas comme on aimerait qu’elles soient. Ou allons-nous sortir du cercle ? Allons-nous rester dans une guerre de chapelles ou reconnaître que l’agilité est quelque chose de plus grand que nous même et qui ne nous appartient pas. Ce sont parfois les hommes qui créent une forme de croyance, aussi à propos de l’Agile, parce que les hommes créent ces petites boîtes dans lesquelles on nous range. Mais l’agilité est quelque chose de plus grand que ces petites boîtes. Si je garde mon petit esprit et ma petite religion, je ne vaux pas mieux que d’autres intégristes religieux. Chacun a le droit de vivre et de permettre aux autres de vivre, de les laisser exprimer leurs opinions et de les comprendre.

Je remercie chaleureusement les orateurs, organisateurs, participants et sponsors qui nous permettent de découvrir ou redécouvrir cette agilité plurielle, qui permet à chacun d’exprimer son point de vue. J’invite mes camarades agilistes à résister à cette tentation facile de vouloir imposer aux autres leur vérité. Probablement qu’en le faisant, ils les enferment, avec eux, dans ce cercle de feu.